Plus de vingt ans plus tard, alors que je porte quotidiennement la voix de la neurodiversité à travers mes projets, je suis confronté à une réalité brutale. La Fédération Dyspraxique Mais Fantastique (DMF) et la Fédération Française des Dys (FFDys) tirent la sonnette d’alarme : l’application de ces droits, pourtant sanctuarisés, est de plus en plus défaillante au sein de nos rectorats.
Si le cas du jeune Anthon à Bordeaux a récemment mis en lumière ce déni institutionnel — avec des aménagements bafoués et une administration murée dans le refus de reconnaître ses erreurs — il ne s'agit malheureusement pas d'une exception géographique.
De nombreuses familles, ici même à Rennes, en Bretagne, comme partout ailleurs en France, me font part de leurs difficultés. À l'échelle locale comme nationale, les remontées sont similaires : des dossiers qui s'égarent, des aménagements accordés sur le papier mais inappliqués le jour de l'examen, et un sentiment de solitude face à une machinerie administrative opaque. Pour ces parents rennais et bretons, comme pour ceux d'autres académies, le combat pour l'inclusion se transforme trop souvent en un parcours d'épuisement.
La loi du 11 février 2005 et la circulaire de la DGESCO du 8 décembre 2020 sont pourtant claires : les aménagements ne sont pas des privilèges, mais des outils de compensation essentiels. Trois problématiques majeures persistent :
- L'absence de compétence dédiée : Le rôle de secrétaire-scripteur exige une formation spécifique. Or, l'autonomie laissée aux agents de terrain est parfois utilisée au détriment des droits des élèves, faute de consignes strictes.
- L'opacité administrative : Le refus persistant de certaines directions des examens de reconnaître leurs fautes crée un climat de méfiance. Comme l'a souligné le représentant du Défenseur des droits saisi dans le dossier d'Anthon, nous sommes face à une remise en question systémique du droit à la compensation.
- L'usure des familles : La complexité des recours pousse de nombreuses familles à l'abandon. Ce renoncement forcé est une défaite pour notre école inclusive.
En tant qu'acteur engagé, je m'associe aux demandes des fédérations FFDys et DMF pour exiger des mesures immédiates :
- Une simplification urgente des procédures d'aménagement.
- Une politique d'information transparente dès l'entrée dans le cursus scolaire.
- Un plan national de formation obligatoire pour tous les personnels intervenant durant les examens nationaux.
Le handicap ne devrait jamais être une variable d'ajustement bureaucratique. Chaque élève a le droit à la réussite sans avoir à lutter contre le système qui devrait le protéger.
Si vous, ou vos proches, avez été confrontés à des refus ou des dysfonctionnements dans la mise en œuvre de vos aménagements, votre témoignage est le levier le plus puissant dont nous disposons.
Sources : Communiqué officiel FFDys et DMF (Juin 2026), Loi n° 2005-102 du 11 février 2005, Circulaire DGESCO du 8 décembre 2020.